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Une association pour ceux qui souhaitent des réponses intergénérationnelles à des problématiques sociales diverses : gestion de projet, méthodologie, conférences, animations, conseil.

« Regardez comme on est propres, j’ai encore des souliers… »
– Gérard, témoin pour ‘La paix ça commence tout de suite !’

ndlr : Atoutage a proposé aux témoins et passeurs de mémoire de ‘La paix ça commence tout de suite’ autour de la colonisation du Congo par la Belgique de commenter une image. Une manière de partager avec nous une partie de leur histoire, une manière aussi de concrétiser une partie de notre Histoire commune. A noter qu’Atoutage a pris le parti de retranscrire l’oralité de ce discours, qui présente une expérience parcellaire et concrète de ce témoin…

Je suis né en ’27. C’est mon père qui a pris cette image. Avec encore un gros machin, une chambre noire… A gauche c’est moi, en 1934. J’ai 7 ans. On venait d’arriver de Belgique ! Regardez, j’ai l’air ridicule avec mon petit dessus de marin…

Nus pieds et école buissonnière

On est dans la province du Kasaï actuel, près de Kananga, au bord du lac Munkamba. Regardez comme on est propres ! J’ai encore des souliers, ce qu’après je n’ai plus eu : j’ai couru pieds nus pendant des années. J’étais l’aîné. Et regardez aussi : on avait un propre casque, qui n’est pas resté longtemps propre. Dans ma famille, tout le monde est retourné au Congo après la guerre : une sœur s’est mariée, l’autre fiancée. Elles étaient plus jeunes que moi, elles ont fini leurs études au Sacré-Cœur à Kinshasa puis elles ont été emportées dans la vie normale, disons… Ici on venait d’arriver. J’y suis resté quelques années et à mon adolescence, il y a eu une drôle de parenthèse pendant 5 ans : j’ai passé toute la guerre en Belgique. Et quelle parenthèse : à courir après la nourriture. J’avais 13 ans et quand la guerre a été finie, j’avais 17 ans et demi. Donc la période de cette photographie, ma première période au Congo, a duré 6 ans.

Nous on était heureux… On allait pas à l’école : y avait pas d’école. On courait dans la nature du matin jusqu’au soir, en pleine brousse.

Une province grande comme la Belgique

Mon père était administrateur des territoires. Il avait une région énorme à administrer, comme une province de Belgique, à peu près, dans laquelle il se promenait tout le temps.

On déménageait sans cesse. A chaque déménagement, on démontait, on prenait les malles… Ma mère n’a pas considéré ça comme difficile, je crois. On avait une chance : c’était un bon climat, on a jamais été malades. Oui, bon, un rhume, une grippe mais enfin, jamais vraiment malade. On a bu de l’eau de toutes les rivières, ce que je ne ferais plus maintenant, même si on était immunisés.

Tshiluba pour tout le monde

J’ai une sœur qui avait 3 ans et pendant toute cette période, entre 3 ans et 9 ans, elle se souvient très bien avoir joué là avec les enfants Noirs : les premiers voisins étaient à des kilomètres. Allez, encore une petite anecdote… Il y avait des missions américaines dans tout le Congo mais ces gamins, eux, étaient bien organisés. Ils ne parlaient pas le Français : ils parlaient l’Anglais et le Tshiluba, la langue locale… Alors entre nous, avec eux on parlait le Tshiluba, parce qu’il n’y avait pas moyen de faire autrement.

En fait entre enfants francophones et anglophones, on était obligés de parler comme entre congolais…

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