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Une association pour ceux qui souhaitent des réponses intergénérationnelles à des problématiques sociales diverses : gestion de projet, méthodologie, conférences, animations, conseil.

« Le chantier terminé, les maisons étaient démolies… »
– Michel, témoin pour ‘La paix ça commence tout de suite !’

ndlr : Atoutage a proposé aux témoins et passeurs de mémoire de ‘La paix ça commence tout de suite’ autour de la colonisation du Congo par la Belgique de commenter une image. Une manière de partager avec nous une partie de leur histoire, une manière aussi de concrétiser une partie de notre Histoire commune. A noter qu’Atoutage a pris le parti de retranscrire l’oralité de ce discours, qui présente une expérience parcellaire et concrète…

La photo a probablement été prise au barrage de Delcommune, au Katanga, dans le bas du Congo. Toute mon enfance est là-bas. J’y suis parti, j’avais un an.

Une maison pour 2 ans

Je me souviens des transports en bateau sur des petites barges avec des fûts. Pour traverser, on mettait la voiture dessus et puis on tirait. Les bacs n’avaient pas de moteur. Le moteur c’étaient 2 noirs qui tiraient sur un câble… Moi aussi, j’adorais tirer sur les câbles. On rentrait toutes les semaines dans des villages construits sur un chantier. Papa travaillait à l’Union Minière : à la construction des barrages et à la construction des usines… A l’arrière de l’image, ce sont des maisons en terre, des briques non cuites, en argile, parce que les villages étaient construits pour 2 ans, 3 ans. Après, toutes les maisons étaient démolies parce que le chantier était terminé.

Jouer avec le feu

Je me souviens très bien d’une grande plaine derrière les maisons, dans laquelle je jouais. Il y avait autour de ces maisons de l’herbe et en saison sèche, toute l’herbe est brune : il ne pleut pas pendant 6 mois.

Alors avec ma sœur on s’amusait à mettre le feu, éteindre, mettre le feu aux herbes, éteindre. Jusqu’au moment où on a pas réussi à éteindre.

Le feu s’est étendu autour des maisons. Heureusement autour des maisons, il y avait de grandes pelouses vertes, bien arrosées : là, il y avait de l’eau. Des gens sont venus avec leur tuyau d’arrosage pour arrêter le feu. Ma sœur aînée avait un an et demi en plus que moi.

2 villages

De temps en temps, mais c’était plus rare, on partait aussi avec les parents en voiture, faire des pique-niques le long des chutes. Les chutes du Lualaba. Je suis allé dans un pensionnat à Kolwezi, puis dans un pensionnat à Jadotville, et aussi dans un athénée qui n’était plus une école catholique. Pour ma sœur ça a été beaucoup plus dur : le pensionnat, elle n’a pas accepté.

Il y avait les maisons des ingénieurs, les maisons des ouvriers, le tout formait un ‘village blanc’. Ces maisons, les espaces, les routes en terre, c’était uniquement pour les Blancs. Bien entendu tous les Noirs travaillaient sur le chantier mais le ‘village noir’, je ne savais pas bien où il se trouvait.

On restait vraiment très fermés entre Blancs, plutôt fermés sur nous-mêmes avec les amis : la convivialité était grande au sein de cette entité des ingénieurs blancs. On allait l’un chez l’autre, on jouait dans les jardins à ce qu’on peut jouer quand il y a du soleil…. Dans le fond des jardins de toutes les maisons blanches, il y avait ce qu’on appelle le ‘chimbeek’, une petite maison pour le serviteur Noir, beaucoup moins confortable d’ailleurs. Mais c’est un petit espace qui leur était mis à disposition, dans lequel ils pouvaient vivre avec leur famille. Les seuls contacts qu’on avait avec les Noirs c’était au niveau du serviteur. Enfin, si le Noir avait un enfant, on jouait de temps en temps avec lui, mais ce n’était pas systématique…

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