Warning: Declaration of wpshower_tabs::widget($args) should be compatible with WP_Widget::widget($args, $instance) in /customers/a/0/9/atoutage.be/httpd.www/wp-content/themes/unspoken/core/widgets/tabs.php on line 0 Warning: Declaration of wpshower_tabs::update() should be compatible with WP_Widget::update($new_instance, $old_instance) in /customers/a/0/9/atoutage.be/httpd.www/wp-content/themes/unspoken/core/widgets/tabs.php on line 0 Warning: Declaration of wpshower_tabs::form() should be compatible with WP_Widget::form($instance) in /customers/a/0/9/atoutage.be/httpd.www/wp-content/themes/unspoken/core/widgets/tabs.php on line 0 Warning: Cannot modify header information - headers already sent by (output started at /customers/a/0/9/atoutage.be/httpd.www/wp-content/themes/unspoken/core/widgets/tabs.php:0) in /customers/a/0/9/atoutage.be/httpd.www/wp-content/themes/unspoken/functions.php on line 19 Portrait de Jean-Pierre Lebon, ‘4e roue’ et co-fondateur d’Atoutage | Atoutage
Une association pour ceux qui souhaitent des réponses intergénérationnelles à des problématiques sociales diverses : gestion de projet, méthodologie, conférences, animations, conseil.

Portrait de Jean-Pierre Lebon, ‘4e roue’ et co-fondateur d’Atoutage

Il y a un peu plus de dix ans, Jean-Pierre a répondu à l’appel d’une connaissance prénommée Bernadette. Celle-ci, psychothérapeute, constatait dans sa fonction d’infirmière à domicile combien l’isolement était un problème social aigu. Une solution pouvait être la mise en relation de générations différentes, notamment parce qu’au passage, cela renforçait la solidarité entre elles. Curieux et enthousiasmé par l’idée de démarrer un projet neuf, Jean-Pierre a accepté de co-fonder Atoutage !

Le projet était aussi de mettre en réseau des associations de terrain laissant parfois ‘chacun dans son clapier’ : les enfants dans les crèches, les travailleurs au travail, les vieux dans les maisons de repos, les jeunes dans les maisons de jeunes.

Depuis, Jean-Pierre Lebon ne faillit pas à son engagement. C’est un mi-temps de bénévolat qu’il offre à l’association. Principalement dans la gestion de la comptabilité, mais aussi dans la participation à toutes les réunions d’équipe.

A la fin de ma carrière professionnelle, il y avait beaucoup de jeunes. J’avais pu transmettre mon expérience. Chez Atoutage, je joue le rôle de ‘4e roue’ pour que le véhicule fonctionne. Je décharge l’équipe des chiffres. Même si c’est parfois un peu contraignant, notamment avec la vie de famille, c’est un enrichissement de travailler avec une autre génération…

Enfant, à qui ressembliez-vous ?

A un enfant de choeur. Il y avait une certaine apparence, mais ça cachait beaucoup de choses… Pour le moment, je m’occupe beaucoup d’une petite fille de 2 ans. C’est une petite dragée, une petite praline… mais par contre, quel caractère ! Elle s’affirme, elle crie, elle tire les cheveux de sa soeur ! L’inconvénient des jolis, c’est qu’ils croient que tout leur arrive tout cuit ! (rire)

Je suis le plus jeune de 5 enfants. Comme j’étais le cadet, je n’ai plus eu à éduquer mes parents. Eduquer ses parents, c’est la tâche de l’aîné ! Après 10 ans de veuvage, mon père s’est remarié et il a encore eu 5 enfants.

Aujourd’hui, qu’est-ce qui nous étonnerait le plus, dans l’environnement d’alors ?

Je me souviens des trams sans portes ; on courait derrière, on jetait son cartable sur la plate-forme et on montait, au grand dam du receveur qui menaçait de confisquer notre abonnement scolaire. C’était du sport et ça permettait à ma soeur d’encore attraper le tram dans le tournant ! Aujourd’hui, on voyage à grande vitesse dans des boîtes toutes fermées.

Quand avez-vous grandi ?

Un garçon sent qu’il grandit aux premières érections, mais quand j’ai touché mon premier salaire, j’ai pu m’acheter une Vespa 125cc. Là, je me suis vraiment senti grandir. Je sortais le midi avec ma collègue, on allait au bistrot écouter Dalida puis on revenait à toute vitesse. Mon patron n’avait que 2 employés : nous. Il disait ‘Mais tout mon personnel risque de mourir sur la route…’ C’était dans les années 1950, il faudrait aller voir la date de sortie de Bambino. Il y avait aussi un quatuor d’italiens, Marino Marini

« Jeunesse », en quelques mots ?

Copains, premières amours, premières cigarettes, l’enthousiasme, la découverte, l’idéalisme… On croit qu’on va changer le monde et c’est normal ! Sans cela, je ne sais pas si le monde changerait !

Parmi les objets qu’on vous a transmis, lequel vous importe le plus ?

La balance d’orfèvre de mon père qui était horloger-bijoutier. Elle était dans une armoire, c’était un mécanisme de précision. Il y a pesé beaucoup de milligrammes d’or. Quand mon père est mort, j’ai été heureux que ma belle-mère me propose de la conserver. Aujourd’hui, mes enfants connaissent la balance, mais ils ne l’ont jamais vue en action. Pour eux, c’est juste une pièce de collection. Je voulais que ça reste dans la famille mais ça n’intéressait pas mes fils, alors je l’ai transmise à un de mes demi-frères. Celui-là avait vu la balance en action, pour lui ce n’était pas uniquement une pièce de musée.

Parmi les objets que vous possédez, lequel aimeriez-vous transmettre ?

Cette balance, justement, pour être certain qu’elle restera entre de bonnes mains. On a d’ailleurs fait une petite cérémonie quand je l’ai offerte à Etienne, mon petit frère, pour ses 50 ans. Je lui avais envoyé une photo par mail et il a accepté de la recevoir. L’offrir à lui, ça avait du sens. Ma belle-mère était très émue.

Même si c’est une chose limitée, que pourriez-vous enseigner ?

Ce que j’aimerais faire passer, c’est l’importance de l’écoute et du respect. Dans une discussion, apporter un peu de calme. Ou juste écouter les autres. Tout le monde fonce, rebondit pour dire son truc. On ne questionne pas l’autre, on fait du ping-pong, comme s’il fallait toujours prendre la balle au bond.

Je ne veux pas imposer des idées qui ne correspondent pas à une façon de travailler, je propose juste à l’interlocuteur d’intégrer ou pas ma remarque. C’est peut-être aussi un problème de génération. Des personnes plus âgées, avec une expérience professionnelle, de conciliation, peuvent être confrontés à une manière de communiquer différente. De tout temps, les jeunes ont été dans l’action. Sophocle et Cicéron évoquaient déjà ce problème de générations : ‘Les enfants n’ont plus le même respect pour leur père !’, etc. (rire)

Mais enseigner ? En fait, c’est l’inverse. Ce sont les jeunes qui m’apprennent. Le maniement d’internet, du gsm, les photos… Ils disent ‘Tu sais, tu peux faire ça avec ton gsm ! — Ah bon ?’ Je ne suis pas enseignant même si, dans le réseau d’échange de savoir, j’ai appris à faire du pain. Puis tout le monde a acheté une machine à pain. C’est plus facile avec la machine, mais ça ressemble à du pain industriel…

A vrai dire, ce sont mes métiers qui m’ont appris beaucoup de choses. Je séchais l’école depuis une demi-année. Je jouais au kicker au bistrot. Là un type m’a dit dit ‘tu peux gagner 100 francs par jour comme commis de salle’. Cela représente 2,50€ de maintenant mais à l’époque, cela suffisait pour faire une sortie. J’ai travaillé dans un restaurant, puis un autre, un troisième. A Namur, à Saint-Trond, à Bruxelles…

Ensuite, j’ai embarqué pour des traversées Anvers-Matadi (à l’époque, au Congo belge). Y avait que des missionnaires et des fonctionnaires. Fallait pas compter sur les pourboires.

J’étais steward mais pas bilingue, impossible alors de travailler sur les grands bateaux de la compagnie maritime belge (CMB), l’Elisabethville par exemple. Quand notre petit bateau, le Copacabana, a été vendu à une compagnie grecque, j’ai été ‘mis à terre’ et j’ai commencé à travailler comme employé de bureau. J’ai appris sur le tas chez un courtier d’assurance, un risque-tout. Une vie de dingue. C’était un petit courtier issu des Marolles de Bruxelles. Il encaissait tous les mois les primes d’assurance-vie. Il sonnait aux portes. ‘Marcel l’assureur’, on savait qu’il pouvait aider plein de gens. Quand j’étais sans travail, il me reprenait pour 6 mois.

Après j’ai vendu des feux ouverts, des casseroles américaines, des batteries de cuisine à 20.000 balles, du très bon matériel ! Puis je suis devenu mécanographe-comptable, à nouveau dans des bureaux. Le chef-comptable m’a payé les cours de comptabilité, mais l’arithmétique et l’algèbre, ça a toujours été ‘zéro pour moi’ ! Les machines sont devenues des ordinateurs. J’ai continué, j’avais l’expérience alors après quelques années, je suis devenu ‘responsable de l’informatique comptable’, je recevais des lettres avec ‘Monsieur le directeur’, complètement dingue. (rire)

Quelle est la dernière chose que vous ayez apprise ?

L’écriture. Je me suis inscrit dans un atelier avec 5 ou 6 personnes de styles très différents. De la rime, de l’autobiographie.

Moi c’est plutôt de la fiction, des histoires au départ d’anecdotes. Très courtes, une page a4, 2 maximum. Je ne suis pas philosophe. L’idée, c’est exprimé en 3 phrases. Après, ‘time’ !

On vous offre une affiche géante. Quelle phrase écrivez-vous ?

‘Dites-lui bonjour et embrassez la première personne que vous rencontrez !’

A vrai dire je suis très timide, je n’oserais jamais faire ça. ‘L’esprit est prompt, la chair est faible’…

Quel élément du présent vous paraît archaïque ?

Archaïque et dramatique : les méthodes d’enseignement, même s’il y a des exceptions. On ne transmet pas aux jeunes le plaisir d’apprendre. Il faut de l’interactivité, des expériences pour montrer que ça sert à quelque chose. A l’école, ma fille est par exemple devenue écolo parce que la chimie l’a intéressée à la nature, par des expériences justement !

Quel élément du présent vous paraît futuriste ?

Les stations orbitales et les projets interplanétaires, mais aussi l’infiniment petit, les cellules et la recherche médicale.

J’entends à la radio qu’on envoie des sondes spatiales parties pour des années ; les informations qu’elles rapporteront, on les interprètera pour comprendre le Big Bang…

Par exemple, j’ai encore tous les journaux : ‘On a marché sur la Lune’, Armstrong, c’était le 20 juillet 1969. J’associe cet événement à la Poupée de cire de France Gall. Il y a pourtant 4 ans d’écart. C’est sans doute parce que j’ai découvert ces événements dans le même lieu, la Radio-distribution où travaillait mon frère, dans la verdure, à Tervuren…

Qu’est-ce qui vous étonne le plus, dans le changement de votre corps ?

Pour certains c’est tout à fait normal, mais ce qui m’étonne, c’est la pérennité des traits. Des personnes qui ne m’ont plus vu depuis 40 ans me disent ‘Bonjour Jean-Pierre !’ Pour le reste, on sait qu’on monte les escaliers moins vite, qu’on court moins longtemps… (rire)

« Vieillesse », en quelques mots ?

Calme, ralenti. Mais aussi profiter, partager. Quelque chose de très important, ce sont les petits-enfants ! Même si les petits-enfants, c’est pas le calme ! Partager ses jouets, ce n’est pas évident. Mais ça commence, ça commence.

Si vous le pouviez, rajeunisseriez-vous ?

Je demanderais bien 5 à 10 ans de rabiot. Pas plus.

Je ne vais pas refaire ma vie. Mais j’aimerais mieux profiter de ma retraite et de mon nouveau couple.

Photographies : Bénédicte Gabriel, 2012
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