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Une association pour ceux qui souhaitent des réponses intergénérationnelles à des problématiques sociales diverses : gestion de projet, méthodologie, conférences, animations, conseil.

Portrait d’Angora Mittelman : petits bonheurs, petits changements

Le hasard trace parfois un chemin : Angora recroise Véronique qui, entretemps, a mis en place une association pour renforcer la solidarité entre générations. Angora y pose d’abord un « orteil timide » comme bénévole…

Le tout premier projet dans lequel je me suis investie était l’évaluation du projet « Racontage » : des seniors avaient reçu une formation de raconteur, puis avaient rencontré des écoles, une maison maternelle, des bibliothèques, des crèches – « voir à quel point on pouvait raconter une histoire à un bébé, ça m’a sidérée… »

Ensuite, Angora prend sa pension et « c’est l’équipe qui la retient », avec la possibilité de choisir les projets et, pour chacun d’eux, le temps qu’elle y investit…

Ce temps que je donne rejoint mon plaisir de travailler en équipe. Un plaisir que j’ai connu dans mon parcours professionnel, notamment dans un centre scolaire psycho-médico-social. Mais ce bénévolat m’apporte aussi une réflexion : récemment, j’ai découvert beaucoup de choses sur le génocide arménien, par exemple…

Enfant, à qui ressembliez-vous ?

Physiquement, je ressemblais à ma maman, même si je ne m’en suis rendue compte qu’une fois adulte. Mon caractère était plus proche de celui de mon père : son horreur du conflit m’a influencée. Quand la relation avec ma maman était tendue, c’est lui qui se positionnait entre nous !

Aujourd’hui, qu’est-ce qui nous étonnerait le plus, dans l’environnement d’alors ?

Quand j’étais petite, un monsieur venait allumer les réverbères avec une grande torche enflammée. Et le laitier passait de maison en maison, à Bruxelles. Dans les derniers villages où ils existent encore, ce sont des liens sociaux qui vont manquer…

Quand avez-vous grandi ?

Quand je suis devenue maman, la relation parfois conflictuelle avec ma mère s’est apaisée. C’était une première étape, comme si j’avais reçu une approbation. Avant, j’avais énormément besoin d’approbation. J’ai aussi beaucoup grandi quand j’ai rencontré mon compagnon actuel.

« Jeunesse », en quelques mots ?

Fragilité, espoir, rêve, amitié, amour, utopie, questionnement.

Parmi les objets qu’on vous a transmis, lequel vous importe le plus ?

Une maison familiale : un lieu de vie créé par mes parents. La maison est devenue un lieu de vie pour toute la famille, depuis. C’est une maison dans le Midi de la France, un lieu de retrouvailles, un lieu qui met ses occupants en disponibilité, où des amis peuvent passer. Un lieu qui ouvre des moments de vie.

Quel objet aimeriez-vous transmettre ?

Je ne tiens qu’aux photos. Elles remplissent beaucoup de caisses, et ne sont pas toutes chez nous. Il y en a dans des lieux différents et maintenant, les plus récentes ont des supports numériques. On se fait des soirées, on pioche dans les caisses. Et quand on a refait le bureau dans notre maison, regarder ces photos stockées dans les caisses a pas mal ralenti le travail ! C’est important pour la transmission : on a par exemple constitué 2 boîtes pour mes filles ; elles y ont sélectionné les images qu’elles voulaient garder de leur enfance.

Même si c’est une chose limitée, que pourriez-vous enseigner ?

Tout récemment, j’ai appris à tricoter à ma cadette pour le projet de tricot urbain… et on tricote de concert tous les soirs ! Pendant son blocus à l’université, ça la détendait. Ma fille a aussi participé à une séance de tricot-thé ; elle disait que la légèreté de la rencontre, dans ce café où tout le monde tricotait pendant une soirée, c’était que le rapport avec les personnes âgées n’était pas artificiel. Ce n’était pas une solitude comblée par obligation, plutôt un moment partagé, une relation d’égalité.

On vous offre une affiche géante. Quelle phrase écrivez-vous ?

Quand j’étais ado, je croyais aux grandes révélations : j’étais dans un mouvement de jeunesse juif progressiste.

J’ai attendu le « grand jour ». On partait 2 fois par an en camp. A minuit, on chantait l’Internationale. Pendant des années, j’ai cherché à retrouver cette puissance du groupe. Ce sont des illusions et des désillusions. Mais un petit changement, ce n’est pas forcément individuel. Le tricot-thé, par exemple, c’est déjà une petite évolution sociale. Une évolution, pas une révolution.

Ma cadette a commencé l’IHECS, revenue de quelques mois à l’étranger : « ça y est, je sais ce que je veux faire, je vais changer le monde » ! Je la laisse faire son chemin : peut-être qu’elle trouvera d’autres outils que les miens. Justement, l’époque n’encourage pas une mobilisation et une conscience sociale. Par contre, elle se focalise sur de nouveaux secteurs, comme l’environnement.

Alors la phrase que j’écrirais sur une affiche, ce pourrait être « Petits bonheurs, petits changements »…

Quel élément du présent vous paraît archaïque ?

Parfois, la répartition des rôles dans un couple. La femme, malgré les discours égalitaires, a souvent son boulot plus l’organisation et les tâches de la vie familiale a supporter. Certains stéréotypes ont la vie dure.

Quel élément du présent vous paraît futuriste ?

Internet, ce n’est que le dessus d’un iceberg. Un rapport à l’information qui ne fait que commencer : l’ici et le maintenant, une information sans recul, toujours renouvelée. Même s’il y a aussi des aspects positifs, puisque « l’information est à la base de l’action », comme on dit.

Je crois que dans le futur, les relations entre les gens et les manières de travailler vont encore évoluer. A côté du gain évident de temps, le travail à domicile risque par exemple d’accentuer l’isolement et ce danger qui, en politique, consiste à « diviser pour régner »…

Qu’est-ce qui vous étonne le plus, dans le changement de votre corps ?

C’est étrange. Je me sens mieux dans mon corps maintenant…

Un corps, c’est aussi une tête. Et un corps jeune a une histoire dont il doit se défaire : quand un sac à dos est fort rempli, le déposer un moment est un soulagement…

Aujourd’hui, il y a aussi des choses que j’accepte alors que quand on est jeune, de la même manière qu’on a envie de transformer le monde, on n’accepte pas toujours certains aspects de son propre corps…

« Vieillesse », en quelques mots ?

Lenteur, transmission, famille, amour, amis – ça, ça n’a jamais changé : l’amitié envers et contre tout ! Et puis la santé – ça, on y pense un peu plus que quand on est jeune !

Si vous le pouviez, rajeunisseriez-vous ?

Si c’est pour rajeunir esthétiquement, non. Si c’est pour gagner 10, 15, 20 ans dans une vie pleine de projets, oui. Les grands voyages, par exemple, je sais que je dois les faire maintenant !

Photographies : Bénédicte Gabriel, 2012
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