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Une association pour ceux qui souhaitent des réponses intergénérationnelles à des problématiques sociales diverses : gestion de projet, méthodologie, conférences, animations, conseil.

« Ma première mission a été d’aller dans un village où on n’allait pratiquement jamais… »
– Paul, témoin pour ‘La paix ça commence tout de suite !’

ndlr : Atoutage a proposé aux témoins et passeurs de mémoire de ‘La paix ça commence tout de suite’ autour de la colonisation du Congo par la Belgique de commenter une image. Une manière de partager avec nous une partie de leur histoire, une manière aussi de concrétiser une partie de notre Histoire commune. A noter qu’Atoutage a pris le parti de retranscrire l’oralité de ce discours, qui présente une expérience parcellaire et concrète de ce témoin…

La photo a été prise le 7 août 1951 dans l’Itombwe, une région très reculée, un haut-plateau montagneux situé à peu près à 1200 mètres d’altitude, au Nord-Ouest du lac Tanganyika, dans le Sud-Kivu.

J’avais 30 ans et étais en route pour visiter des villages, sur les petites pistes. 3 jours en tipoy, une sorte de palanquin en bambou, un siège tressé et des lianes, avec un toit sommaire en feuilles pour la pluie et le soleil. J’étais porté par 4 hommes et 4 relayeurs. De village en village, les chefs de village fournissaient des porteurs payés à l’arrivée à l’étape… Les gens de là-bas avaient plus de souffle que nous, en altitude.

Civil service

Ma femme, un bébé de 7 mois sur les genoux, se trouvait dans un autre tipoy devant, accompagnée par des gosses curieux. Une scène classique en brousse : voir de près une femme et un enfant ‘blanc’, souvent pour la première fois.

Trois jours de traversée, rien que de la montagne. Avec des villages qui n’avaient pas vu un Blanc depuis des années. Observer s’ils ont tous payé l’impôt, faire du recensement, voir si les chemins sont en état suffisant, vérifier l’état des ponts, des gîtes. Ecouter des palabres locales, exercer un tribunal de police, des enquêtes diverses, construire de petits gîtes et dispensaires de brousse. Plus les imprévus africains ! J’étais agent territorial. Les anglais, dans leurs colonies, appelaient cela ‘civil service‘ – c’est celui qui est le plus au contact de la population. J’avais l’obligation d’être en brousse hors de chez moi, vingt jours sur trente : sur les pistes, dans les gîtes d’étape, dans les villages…

Ponceaux et coton

Je vérifiais aussi les cultures. A côté des cultures de subsistance (manioc, arachides, bananes, etc.), l’Etat poussait à réintroduire des produits de rapport pour hausser le niveau de vie. Par exemple dans le Sud-Kivu, on introduisait le coton avec la collaboration de Cotonco, la compagnie cotonnière congolaise qui achetait les récoltes. Quand les femmes venaient vendre leur production sur le marché, par exemple, nous étions là pour vérifier s’il n’y avait pas tromperie sur le poids et si le prix était respecté…

Une des premières choses que j’ai dû réaliser sur place, c’est la construction de deux ponceaux, des petits ponts en béton armé pour franchir de petits cours d’eau exposés aux crues torrentielles, pendant la saison des pluies. Là, un pont en bois n’aurait pas tenu. L’objectif était aussi d’avoir des pistes carrossables pour permettre l’écoulement du coton depuis le marché. Je n’y connaissais rien, j’ai commencé par tenir le plan à l’envers… Peut-être que ces ouvrages sont encore là.

Curiosité

J’avais juste 30 ans mais il y avait des agents de l’état plus jeunes que moi encore. Beaucoup de choses étaient de l’improvisation. J’ai habité sous la tente, dans un couloir orageux, à côté des hippopotames. Ma première mission a été d’aller dans un village où on n’allait pratiquement jamais, où la population était arabisée, au Sud de la presqu’île de l’Ubwari, une région habitée par des Babembe arabisés dont les origines remontaient à la traite des Noirs combattue très difficilement, suite au Traité de Berlin de 1885, par Léopold II, et avec succès d’ailleurs… Les arabisés étaient plus ou moins discrètement hostiles aux structures officielles, même en 1950.

La curiosité était très forte chez les congolais, l’humour aussi. Un surnom est vite trouvé, mais il vous faut longtemps avant de savoir lequel est le vôtre. Moi on m’appelait ‘Buana Paul’. Ou bien ‘Buana kitoko’, ‘jeune et beau’ si vous voulez… Si j’avais un autre surnom, et c’est probable, il n’est pas arrivé jusqu’à mes oreilles !

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