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Une association pour ceux qui souhaitent des réponses intergénérationnelles à des problématiques sociales diverses : gestion de projet, méthodologie, conférences, animations, conseil.

« L’immersion totale : les odeurs, la chaleur… »
– Catherine, témoin pour ‘La paix ça commence tout de suite !’

ndlr : Atoutage a proposé aux témoins et passeurs de mémoire de ‘La paix ça commence tout de suite’ autour de la colonisation du Congo par la Belgique de commenter une image. Une manière de partager avec nous une partie de leur histoire, une manière aussi de concrétiser une partie de notre Histoire commune. A noter qu’Atoutage a pris le parti de retranscrire l’oralité de ce discours, qui présente une expérience parcellaire et concrète…

On est à Demba, à 80 km de Kananga, au Kasaï, en ’55. Voilà le délégué d’un Roi local qui avait mis ses beaux vêtements. Nous étions 5 filles et chaque année, il venait voir s’il n’y avait pas quelqu’un à marier. Je suis la 3e en partant de la droite. Je devais avoir 12 ans. Mes parents étaient de très mauvaise humeur ce jour-là, toujours.

Protégés

Nous étions encore des enfants. Ce type-là parlait avec mon père qui le trouvait très prétentieux. Nos parents nous protégeaient, on était pas vraiment mêlés à la population mais bon, on savait qu’il y avait des pratiques… Déjà à cet âge-là, les filles congolaises pouvaient se marier je crois, à dix ans, douze ans… D’autres étaient beaucoup plus mêlés mais nous, vous voyez, on était une famille nombreuse, on restait entre nous : on ne pouvait pas sortir comme ça avec de jeunes congolais de notre âge… On les voyait jouer, on avait de bonnes relations mais comme on ne parlait pas leur langue et qu’eux ne parlaient pas la nôtre, il n’y avait pas de réels contacts. Sauf plus tard à l’école, un peu, et aussi à la mission, où les religieuses étaient des amies de ma mère.

Mon père était médecin, fort occupé, seul responsable pour un hôpital assez grand. Pour nous c’était une belle enfance mais mes parents pouvaient être soucieux. Il faut dire que nous étions internes : au pensionnat depuis la première année scolaire.

Médecine tropicale et immersion totale

Nous étions parmi les gens qui étaient bienvenus au Congo : les congolais étaient reconnaissants d’avoir des soins gratuits, des médicaments. Mon père avait déjà pratiqué 10 ans en Belgique, avec toujours cette idée d’aller au Congo. Un jour, on recrutait des médecins pour la colonie. Alors il a vite étudié la médecine tropicale à Anvers et je suis partie avec mes 4 soeurs. L’aventure. L’arrivée là-bas, évidemment, a été un choc culturel. Tout est différent. Pour ma mère aussi, certainement. Comme je suis arrivée à 9 ans, je me souviens bien de ces débuts.

Avant on habitait Courtrai, une ville en Flandres. On allait à l’école en néerlandais et du jour au lendemain, ça a été l’internat en Français, une langue que je ne connaissais pas encore. Après un trimestre je me suis adaptée mais au début, c’était l’immersion totale. Tout : les odeurs, la chaleur…

Quand on est enfant on vit dans le présent, mais il y a quand même eu quelques difficultés d’adaptation. Les autres enfants, à l’école, ne sont pas gentils… C’est toujours comme ça, au début : on se moquait de vous parce que vous débarquiez de Belgique. Quand il y a de nouveaux dans une classe… Ces débuts sont vite passés mais le pensionnat, ce n’était pas tellement amusant. Sévère et… enfin, les études étaient très bien, c’était déjà ça. Quand on revenait en Belgique après, on n’avait aucun retard. Tout était à un niveau égal.

La chance, c’est que le pensionnat n’était pas trop loin. Nos parents venaient nous voir souvent. Il y avait des enfants qui restaient toute l’année au pensionnat, qui ne rentraient jamais parce que c’était trop loin : 1000 km, et sur des routes de sable. Ou bien certains enfants ne rentraient que par avion, une fois par an.

C’était un souci pour les parents : on était loin, on était petits. S’il se passait quelque chose… Il n’y avait pas les moyens de communication d’aujourd’hui…

La maison, hier et aujourd’hui

Regardez, sur cette image, ici, vous voyez la maison. Une maison construite par des pères missionnaires. Sans plan. C’était pas mal. Mais il n’y avait pas d’eau, pas d’électricité. Les missionnaires avaient d’ailleurs rajouté une aile à la maison parce que notre famille était nombreuse.

Cette maison est toujours là mais je n’y suis pas retournée. Si c’est pour aller regarder le passé, ça ne m’intéresse pas tellement. Si c’est pour faire quelque chose au présent, alors oui…

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