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Une association pour ceux qui souhaitent des réponses intergénérationnelles à des problématiques sociales diverses : gestion de projet, méthodologie, conférences, animations, conseil.

« En 1950, c’était encore différent que pour les pionniers comme mon grand-oncle, parti en 1900… »
– Christiane, témoin pour ‘La paix ça commence tout de suite !’

ndlr : Atoutage a proposé aux témoins et passeurs de mémoire de ‘La paix ça commence tout de suite’ autour de la colonisation du Congo par la Belgique de commenter une image. Une manière de partager avec nous une partie de leur histoire, une manière aussi de concrétiser une partie de notre Histoire commune. A noter qu’Atoutage a pris le parti de retranscrire l’oralité de ce discours, qui présente une expérience parcellaire et concrète…

Une tente pour 3 mois

Un chemin de fer partait d’Elizabethville jusqu’à Port Francqui mais entre Kamina et Kabalo, à cause des ruptures de charge, il fallait prendre des camions. Mon mari faisait donc une étude pour trouver une voie pour un chemin de fer entre Kabalo et Kamina. Il fallait trouver cette voie en pleine brousse, avec uniquement des photos aériennes, pour grosso modo avoir une ébauche d’aperçu de la géographie du terrain. Nous vivions sous la tente. On la déménageait tous les 3 mois environ, au fur et à mesure que mon mari avançait dans l’étude du chemin de fer. D’ailleurs, il y a une photo où on le voit avec un tachéomètre

23 ans et un enfant

Sur cette photo-ci je suis en brousse depuis 15 mois. Mon bébé doit avoir environ 4 mois. J’étais allée accoucher à Albertville et j’étais revenue. Notre tente était sous un toit de paille que l’on avait prolongé par un auvent. Comme vous voyez, c’est le soir, il fait absolument noir parce qu’on était à 100 km environ d’un poste… Dans ce poste, il n’y avait d’ailleurs pas de médecin, seulement un agent sanitaire.

On était aussi à plus de  200 km de Kamina où là, il y avait un hôpital. Nous étions donc vraiment en pleine brousse : pas d’autre européen, pas d’électricité. On s’éclairait à la lampe ‘coleman’, ça éclaire bien, c’est une lampe à pétrole. Et l’eau était puisée à une rivière située à 5 km. Il n’y avait pas de point d’eau plus près à cause des mouches tsé-tsé et des moustiques : deux Noirs étaient payés pour faire continuellement des navettes. Pour le biberon, l’eau était bouillie 20 minutes. Comme Georges est né en ’52 et moi en ’29, j’étais une jeune mère de 23 ans. Comme presque tous les bébés il faisait parfois 39, 40° de fièvre : on se demandait s’il fallait prendre la camionnette et partir à Kamina. C’était tant de kilomètres – et pas par la route, juste des voies – que pour finir, à l’hôpital on m’avait indiqué les doses de kinine que je devais donner. On a toujours préféré rester chez soi, le maintenir bien au calme et puis faire ce qu’il fallait pour diminuer la fièvre, et ça n’a jamais tourné mal.

Inquiétude

A partir du moment où Georges est né, j’ai pourtant commencé à perdre des plumes. Et à avoir de l’inquiétude. C’était mon tout premier bébé, je n’avais personne, même pas une maman dans mon environnement pour me dire ‘Tu sais, c’est normal, un bébé ça fait des bruits, ça tousse, ça régurgite parfois.’

Pas de téléphone – parce qu’à ce moment-là le téléphone, même dans les villes, était un objet rare seulement réservé aux grosses sociétés. Quand un jour mon bébé a fait une petite convulsion à la suite d’une grosse crise de malaria, heureusement on était par hasard à Albertville. On a appelé le médecin qui est resté 3, 4 heures auprès de lui et puis Georges s’en est tiré sans problème… ce type de crise de malaria arrivait fréquemment chez les bébés, mais heureusement ça n’est jamais arrivé en brousse.

Entendre barrir les éléphants

Mon mari est une fois parti pour une semaine : j’étais à quelques semaines de mon accouchement, et comme il fallait marcher longtemps et traverser une rivière à gué, je n’ai pas pu l’accompagner.

Alors je suis restée une semaine seule en brousse avec 3 africains : mon boy payé par moi et deux autres payés par la Compagnie des Grands Lacs, notre employeur, dont un africain pour entretenir le feu la nuit contre les bêtes sauvages. J’avais peur des animaux parce que j’entendais barrir les éléphants le matin. Je ne les ai jamais vus mais je les entendais. J’avais aussi peur que mon bébé naisse trop tôt, mais sinon aucune crainte durant cette semaine. Les africains étaient très protecteurs. Et le jour où c’est moi qui ai été malade, j’ai été transportée à Kabalo : comme il n’y avait pas de téléphone, pas de radio, c’est par tam-tam que l’agent sanitaire a été prévenu ! Mon mari est allé au village et de village en village, ils ont pu prévenir Kabalo en même pas une heure de temps…

Broussards ou citadins

Voilà un aperçu de la vie des épouses de broussards, naturellement pas un aperçu de la vie d’une coloniale. A Léopoldville qui était vraiment la métropole, les gens retrouvaient presque toutes les conditions de Bruxelles. Moi j’ai vraiment vécu en pleine brousse et pourtant, en 1950, c’était encore différent que pour les pionniers comme mon grand-oncle, parti en 1900.

En brousse ou dans des petits postes comme Kabalo où je me suis mariée, il n’y avait par exemple pas d’école : par exemple, les mamans donnaient cours de primaire à leurs enfants en brousse et les envoyaient à la fin de l’année deux mois comme pensionnaire pour passer les examens. Ou alors elles s’en séparaient et les envoyaient comme pensionnaires en ville. La vie en brousse, c’est donc vraiment quelque chose de très solitaire, très isolé. Pourtant c’est là qu’on a appris à parler le swahili, et à être proche de la population…

1 commentaires sur cet articleCommentez
  1. Mon père a été un des pionniers de la Base de Kamina, j’avais 12 ans. On habitait une paillotte en pisé et matiti, sans électricité (sauf 1h le matiin et 2h le soir pour alimenter 2 ampoules), sans eau courante. Mon petit frère est né à la maternité de Kamina-ville (25 km). J’ai été pensionnaire chez les frères xavériens à Jadotville pendant tout le terme (sauf les vacances). J’ai chopé la malaria et le médecin militaire a prescrit des doses massives de quinine (j’avais 13 ans!) et m’a injecté de la streptomycine, nouveau médicament que la base venait de recevoir et qu’il fallait utiliser sous peine de ne plus en avoir. La base était commandée par le sinistre colonel Janssens, qui devenu général de la Force publique, en 1960 décréta devant les troupes à Thysville que rien ne changerait à la FP. Il avait tout d’un prussien idiot. Ce fut l’émeute et le chaos qui suivit. Mon cousin y était en tant que lieutenant. Mes parents, surtout ma mère, ne purent supporter ce climat de caserne rétrograde et nous n’y fîmes qu’un terme. Mon système acoustique a été abimé par ces étranges médications. Je garde cependant un souvenir ému de ce séjour en Afrique.
    Jadotville était aussi beau que ne l’est une ville de la Riviera avec ses arbres, ses fleurs, ses avenues, ses magasins, son climat, ses parcs. J’ai mal lorsque je vois ce qu’il en est resté.
    J’ai aimé votre description. Bonne continuation et yambo sana.

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