Warning: Declaration of wpshower_tabs::widget($args) should be compatible with WP_Widget::widget($args, $instance) in /customers/a/0/9/atoutage.be/httpd.www/wp-content/themes/unspoken/core/widgets/tabs.php on line 0 Warning: Declaration of wpshower_tabs::update() should be compatible with WP_Widget::update($new_instance, $old_instance) in /customers/a/0/9/atoutage.be/httpd.www/wp-content/themes/unspoken/core/widgets/tabs.php on line 0 Warning: Declaration of wpshower_tabs::form() should be compatible with WP_Widget::form($instance) in /customers/a/0/9/atoutage.be/httpd.www/wp-content/themes/unspoken/core/widgets/tabs.php on line 0 Warning: Cannot modify header information - headers already sent by (output started at /customers/a/0/9/atoutage.be/httpd.www/wp-content/themes/unspoken/core/widgets/tabs.php:0) in /customers/a/0/9/atoutage.be/httpd.www/wp-content/themes/unspoken/functions.php on line 19 « Je suis sortie de l’avion, il s’est trouvé devant moi… » – Jacqueline, témoin pour ‘La paix ça commence tout de suite !’ | Atoutage
Une association pour ceux qui souhaitent des réponses intergénérationnelles à des problématiques sociales diverses : gestion de projet, méthodologie, conférences, animations, conseil.

« Je suis sortie de l’avion, il s’est trouvé devant moi… »
– Jacqueline, témoin pour ‘La paix ça commence tout de suite !’

ndlr : Atoutage a proposé aux témoins et passeurs de mémoire de ‘La paix ça commence tout de suite’ autour de la colonisation du Congo par la Belgique de commenter une image. Une manière de partager avec nous une partie de leur histoire, une manière aussi de concrétiser une partie de notre Histoire commune. A noter qu’Atoutage a pris le parti de retranscrire l’oralité de ce discours, qui présente une expérience parcellaire et concrète…

C’est à Stanleyville. Mon mari est venu me chercher là-bas parce qu’on était en brousse, et on s’est aussitôt mariés, avec 15 jours de congé.

Un mari et Modeste

Or ce que tout le monde va voir à Stanleyville, c’est les pêcheries des Wagenias, les hommes du fleuve. Il y a des pêcheries extraordinaires sur le fleuve Congo. Et puis les chutes de la Tshopo. Maintenant on les a barrées pour mettre des turbines mais quand j’y suis allée c’était superbe.

Je suis assise, j’ai mon casque, je viens d’arriver. En ’46.

Nous étions en voyage de noces. On aurait pas fait un pas dehors sans un casque sur la tête. On allait soi-disant travailler du chapeau si on avait des insolations. Mon mari a photographié. J’ai pris l’avion à Léopoldville, je suis arrivée, et lui avait fait 500 km en voiture. Il avait emmené Modeste, son boy, avec lui. Modeste est à l’arrière de l’image. Je m’étais arrêtée 3 jours à Léopoldville chez ma belle-sœur qui était religieuse du Sacré Cœur et puis la société a dit ‘Madame vous pouvez partir’. Alors j’ai pris un avion, un petit machin, là, et j’ai fait toutes sortes d’escales pour arriver à Stanleyville.

Champagne à l’équateur

Je regarde par le hublot, je vois personne. Je dis ‘Mon dieu où est-il ?’. Je sors et un petit congolais se présentait pour porter ma valise. L’hôtel Sabena était en face. Je pense ‘Il est en retard, je vais aller m’installer à l’hôtel’, et à ce moment-là mon mari est arrivé. J’ai été me rafraîchir, on est partis à la mission tous les deux et on a dit ‘On veut se marier demain matin’.

Et nous étions sages hein nous : mon mari avait retenu 2 chambres dans un hôtel jusqu’au lendemain, le jour de notre mariage… Alors les missionnaires nous disent ‘Venez demain à 9 heures du matin’. Bon.

Nous partons à deux à 9 heures du matin, tout seuls, puisqu’on connaissait personne. A la cathédrale de Stanleyville il y avait une petite chapelle. Nous nous marions. Le prêtre célèbre la messe et puis là-bas, les missionnaires, très accueillants, nous ont invités à déjeuner.

Alors on a déjeuné à la mission et puis nous sommes partis à l’hôtel. Là mon mari avait retenu une table à part, champagne et fleurs et tout ce qu’on veut. Alors on a pris notre repas à nous deux. Il y avait des télégrammes de mes parents et de mon beau-père. Puis nous sommes restés 15 jours à Stan’. Après on est remontés chez nous. Stan’ est une ville superbe mais le climat est difficile parce qu’on est à l’équateur.

Kinine et crocodile

Puis soudain, 3 jours après notre mariage, première crise de malaria, je dis ‘Mon dieu qu’est-ce que je vais faire ?’. Je suis partie à pied à l’hôpital qui était près de la Sabena. Le docteur est arrivé. Alors kinine, kinine. Ca me faisait un drôle d’effet. Nous prenons la voiture, nous montons. Il y avait 2 grandes rivières avant d’arriver à Buta, où mon mari avait commencé sa carrière, où nous avons logé. On passait tous les fleuves en bac, maintenant il y a des ponts. On met la voiture sur un bac et puis on traverse.

J’étais sur le bac, je regardais le fleuve, c’était très beau. J’entends crier. Qu’est-ce qui se passe ? Mon mari sort son fusil de la voiture. Il va à l’avant du bac. Et les indigènes criaient : ‘Croco ! Il y a un croco qui mange nos enfants !’. Il a tiré, il a tué un croco de bien 2 mètres. Je dis ‘Mais où suis-je ?’…

On a mis le croco sur le capot de la voiture, on s’est arrêtés chez le premier belge que mon mari avait connu au collège et on a dépiauté le croco. On a pris le trophée de chasse….

En retard pour une chemise

Au poste où nous étions, nous étions tout seuls. Premier voisin à 7 km, pas d’eau courante, pas d’électricité, pas de téléphone évidemment. Donc la solitude et… Mais enfin nous on était jeunes mariés et… On avait été séparés 9 mois, on s’aimait beaucoup, on était tout contents de se marier. 22 ans. Mon mari en avait 27. On était tous les deux faits pour vivre cette vie-là. Lui avait changé. Basané, basané. Et plus costaud, comme ça, je ne sais pas t’expliquer. Quand je suis sortie de l’avion, tout d’un coup il s’est trouvé devant moi. Il était allé chercher une chemise pour se marier et il avait entendu une sirène dans le magasin. Il a dit à la dame ‘Qu’est-ce que c’est ?’ – ‘Ah c’est l’avion qui vient de Léopoldville’. Il n’y en avait que 2 par semaine, alors tous les habitants couraient à l’aéroport chercher les personnes. C’est comme ça qu’il était en retard...

Commentez

Insérez votre nom

Votre nom est requis

Entrez une adresse mail valide

Entrez une adresse mail valide

Entrez une adresse mail valide

Atoutage © 2019
Tous droits réservés


Atoutage est membre de