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Une association pour ceux qui souhaitent des réponses intergénérationnelles à des problématiques sociales diverses : gestion de projet, méthodologie, conférences, animations, conseil.

Portrait d’Antranig Zarmanian, passeur de mémoire pour le projet ‘La paix, ça commence… tout de suite !’

Dans son enfance, Antranig Zarmanian se souvient s’être levé pendant la nuit. Dans la cuisine, la lumière était encore allumée. Son père rédigeait des dizaines de pages, mémoires de l’exode de sa jeunesse. Le génocide des Arméniens est en train de perdre ses derniers témoins directs.

Antranig ressent la nécessité de transmettre le témoignage de son père. C’est suite à sa demande, qu’Atoutage a monté le projet « La paix ça commence tout de suite ! ». Il s’agit en effet de se souvenir d’événements du XXe siècle, mais aussi de pardonner sans oublier. En « tendant la main des deux côtés », formule Antranig. Qui confie n’avoir pas tout de suite saisi le sens de « La paix ça commence tout de suite ! ». Un titre qui pourrait être une belle formule, mais qu’Antranig a intégré dans la réflexion sur son histoire familiale. Nous l’en remercions.

Enfant, à qui ressembliez-vous ?

Je voulais ressembler à mon père : une personnalité sévère, juste et tendre.

Aujourd’hui, qu’est-ce qui nous étonnerait le plus, dans l’environnement d’alors ?

Je m’émerveille encore maintenant des trains, de l’équipement des cuisines, des téléphones, toute cette technologie qui fait que la vie est largement confortable. Aller à Bruxelles, pendant mon enfance, c’était un événement : je me souviens, il y avait le tram vicinal Wavre-Waterloo-Bruxelles…

Quand avez-vous grandi ?

J’ai vraiment grandi quand j’ai commencé ma vie professionnelle : à l’usine d’abord, etc. Et alors, tout récemment, apprendre à dire non. Au départ, je disais toujours oui. L’éducation catholique, c’est un des éléments d’explication… Ce n’est pas tant apprendre à dire non. C’est apprendre à mettre le oui et le non à égale distance.

« Jeunesse », en quelques mots ?

Spontanéité, humour (l’humour, c’est très important !), réactivité, vitalité physique, impulsivité.

Parmi les objets qu’on vous a transmis, lequel vous importe le plus ?

Un livre sur le général Antranik, héros de la résistance arménienne en 1914. Un livre que mon père avait et que j’ai fini par donner à mon cousin, pour son travail de recherche.

C’est mon cousin qui a traduit les mémoires de mon père. Moi, j’ai travaillé sur la traduction amplifiée : sortir du mot à mot pour permettre à mon père d’être compris comme s’il avait écrit en français.

Quel objet aimeriez-vous transmettre ?

Ces mémoires écrits par mon père. Ses mémoires d’exode. Transmettre notre traduction française. Avec la postface, le résultat des recherches de mon cousin, qui commente le contexte. Ce qui a donné la crédibilité au récit de mon père, par exemple, c’est qu’il décrivait des événements qui, à l’époque, n’avaient pas encore été décrits par des historiens.

Même si c’est une chose limitée, que pourriez-vous enseigner ?

Le chant choral. Aux jeunes choristes de la chorale arménienne, par exemple. Au minimum, comment tenir une note. Des petits trucs pour ne pas trop monter, quand une note monte. Des petits trucs que j’ai moi-même appris. J’ai eu la chance d’avoir de bons chefs de choeur. Je suis dans trois chorales. Ce sont des chants religieux. Les grands oratorios, le Gloria de Poulenc est moins marrant : les harmonisations, c’est tout sauf évident. Bon, j’ai fini par l’apprécier… Mais c’est pas pour ça que le chef doit venir avec un nouveau Poulenc !

La dernière chose que vous ayez apprise ?

La signification de « La paix ça commence tout de suite ! ». Je l’ai seulement comprise tout récemment.

Grâce à l’Europe, nous avons la paix en Europe occidentale. On peut faire la même chose entre Arméniens et Turcs. Pour autant que les mains soient tendues de part et d’autre. Au départ, pour moi, « La paix ça commence tout de suite ! », c’était une belle formule, rien d’autre.

On vous offre une affiche géante. Quelle phrase écrivez-vous ?

Ne jamais perdre la dimension culturelle d’un événement. Et respecter la culture de chaque communauté impliquée dans cet événement.

Quel élément du présent vous paraît archaïque ?

Tant pour le monde arabo-musulman que pour le monde judéo-chrétien, l’importance réactionnaire qui joue encore sur la culpabilisation. Alors que pour moi, à mon âge, c’est « On n’est pas sur Terre pour se faire emmerder ! ». D’ailleurs, on peut rajouter cette phrase sur la banderole !

Quel élément du présent vous paraît futuriste ?

L’évolution trop rapide, ou rapide en tout cas, des nouvelles technologies. A travers elles, la vie de tous les jours se déshumanise. Par exemple, j’entendais qu’on peut réserver sa place de cinéma par internet, s’asseoir en insérant un code ; on s’en va et on n’a vu personne. Même chose pour l’automatic banking, les caisses des grandes surfaces.

Mais il me semble que si on va au cinéma, c’est aussi pour voir des gens !

Qu’est-ce qui vous étonne le plus, dans le changement de votre corps ?

La maman de mon ami d’enfance me dit « Un moment, tu te réveilles en disant ‘Aïe !' ». Pour l’instant, j’ai la chance que mes ennuis de santé s’arrêtent au « Aïe ! », même si parfois, je crie « Aïe » un peu plus fort !

« Vieillesse », en quelques mots ?

Ma crainte, c’est la baisse d’activité due au vieillissement du corps. Mais prendre le temps des faire les choses, c’est un plaisir. Donc en quelques mots… Tranquillité, baisse au niveau physique, sagesse.

Si vous le pouviez, rajeunisseriez-vous ?

L’homme est mortel et doit rester mortel. Il faut passer le relais au suivant !

Photographies : Bénédicte Gabriel, 2012
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