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Une association pour ceux qui souhaitent des réponses intergénérationnelles à des problématiques sociales diverses : gestion de projet, méthodologie, conférences, animations, conseil.

A Montréal, une station à essence intergénérationnelle

Verdun est un quartier de Montréal plutôt résidentiel, récemment rattaché à « la ville ». Les habitants se sentent chez eux sur ce territoire de l’Ile des Soeurs. Le bus les relie à l’agitation de la ville, la population compte beaucoup d’aînés, beaucoup d’adolescents, et trop peu d’activités pour les deux.

Un rêve est devenu réalité : une station-essence créée dans les années ’60 par Mies van der Rohe, star de l’architecture passée par le Bauhaus, était désaffectée. L’arrondissement de Verdun l’a fait rentrer dans son patrimoine architectural et au dedans, des activités mêlent générations et relativisent le sentiment d’insécurité ressenti par certains habitants…

Atoutage a eu l’occasion de rencontrer Kunthy Chhim, coordinateur de La Station inaugurée il y a un peu plus d’un an seulement…

L’origine de La Station ?

On est ouverts depuis février 2012. L’initiative est partie de la directrice d’Action Prévention Verdun et du maire de l’arrondissement. L’Ile des Soeurs fait partie de la ville de Montréal mais est aussi séparée. Il n’y a pas de métro qui arrive ici. La communauté fait 30.000 personnes, c’est un village. Beaucoup d’aînés mais aussi beaucoup de familles arrivées récemment, qui ont amené des ados avec elles. D’où un sentiment d’insécurité chez certains aînés : les capuchons, la musique rap. Et pour les jeunes, les aînés sont des gens un peu ‘plats’, pas vraiment intéressants.

On a alors eu envie d’ouvrir un lieu où ces préjugés, autant chez les aînés que chez les ados, pourraient tomber…

Les activités ?

Certaines sont destinées aux aînés (+ de 50 ans), certaines aux adolescents (12-17 ans), certaines mélangent les publics. Danse, mise en forme, etc., ça se passe dans cette grande salle. De l’autre côté c’est plus informel, comme un salon : billard, Xbox… Notre objectif c’est qu’après 17h ou le samedi, quand les ados viennent, ils puissent rencontrer les aînés.

En ce moment il y a un ‘gang’ de messieurs qui jouent au billard. Tous les aînés ne sont pas à l’aise avec les ados, tous les ados ne le sont pas avec les aînés. Mais là deux nouveaux de 12 ans sont arrivés et les aînés les ont apparemment déjà pris sous leur aile…

Ca fonctionne, oui. On a récemment, par exemple, fait des tournois avec des paires : un ado et un aîné ensemble. Billard et ping-pong.

Le lien avec l’insécurité ?

C’est un sentiment d’insécurité. Un autre secteur d’Action Prévention Verdun, c’est Tandem : des animateurs rencontrent les habitants, écoutent leur ressenti, leurs demandes. A Montréal le nombre de crimes diminue mais le sentiment d’insécurité augmente.

Là, des aînés vont au supermarché et ils reconnaissent des visages d’ados, ils connaissent leurs prénoms : ‘Ah oui, c’est Evans, c’est Michaël’…

Est-ce que ce type de centre est innovant au Québec ?

C’est le premier à ma connaissance qui a comme mission de mélanger les aînés et les ados. Beaucoup de centres peuvent le faire, mais ce n’est pas leur mission principale.

Au début, les gens viennent pour une activité, par exemple un cours d’espagnol. Mais ils se font des amis qui leur disent ‘le mardi je joue au ping-pong de telle heure à telle heure’… Alors ils croisent des ados. Vu qu’on a un espace informel ouvert toute la journée, on a aussi beaucoup de ‘gars’. C’est rare : après 50 ans, c’est plus difficile de toucher des hommes dans ce type de centre… Statistiquement, les femmes restent d’habitude plus sociables !

Comment les âges se croisent-ils ?

Sur une activité d’aînés comme la création de bijoux, deux adolescentes sont passées, se sont intéressées, ont intégré le groupe. Puis deux de leurs amis viennent et là, des discussions prennent.

Les aînés sont très intéressés par la réalité des jeunes : ‘Qu’est-ce que vous allez faire’, etc. Vers 14-15 ans on se cherche, il y a aussi un grand intérêt pour ce que les aînés ont fait dans leur vie.

Le rapport avec les bénévoles ?

La majorité des bénévoles sont des aînés. Mais on a des adolescents qui se présentent ponctuellement sur les événements. On a fait un ‘lave-auto’ pour financer un camp en ‘canot-camping’. Onze ados partaient avec nous, mais on a pourtant eu leurs amis pour le ‘lave-auto’. Ils passaient par là : ‘On avait rien à faire alors on est venus’. On essaie de leur faire comprendre que sans eux, le centre fonctionnerait beaucoup moins bien…

Depuis un an on a dû avoir un système d’inscription : on a trop de participants donc on ne peut pas fonctionner au jour le jour. On a 1000 participants par mois et on est 3 employés : moi à la coordination et 2 animateurs. Un à temps plein, un à temps partiel. Plus des bénévoles qui nous aident. Le professeur de danse en ligne est rémunéré. Mais l’activité Scrabble est autogérée par les participants. Le cours d’espagnol, par contre, c’est une bénévole qui les donne.

Le bouche à oreille fonctionne très bien dans le quartier. Nos bénévoles sont arrivés naturellement. Par exemple une dame voulait valoriser sa connaissance de l’espagnol, et ce lieu a été l’occasion pour elle d’utiliser sa compétence…

Et pour les adolescents ?

Ils préfèrent les activités non-structurées. Ils vont dans l’espace ‘salon’ après 17h, et puis les fêtes fonctionnent aussi avec eux. Des aînés et des ados à la soirée western. Tout le monde avec un chapeau de cow-boy !

On rectifie la programmation tous les 3 mois : est-ce que les professeurs sont toujours disponibles ? Est-ce qu’ils sont satisfaits ? Puis on envoie la programmation par courriel ou sur papier.

Comment relayez-vous votre expérience vers l’extérieur ?

Pour l’instant on évalue surtout en interne. Pour les aînés par exemple, tous les cours liés au corps fonctionnent bien. On a pas encore eu l’occasion de diffuser notre expérience à l’extérieur.

Au-delà de l’animation, comme ici à La Station, où en est la sensibilisation aux préjugés liés à l’âge ?

Ici on sensibilise à l’intérieur du bâtiment, mais à ma connaissance sur l’Ile des Soeurs, il n’y a pas de grand programme de sensibilisation. On ne travaille pas assez avec les écoles, à notre goût. Il n’y a pas d’école secondaire sur l’Ile des Soeurs. Beaucoup vont à l’école privée d’ailleurs. Par contre on travaille beaucoup avec les CLSC, des centres de santé et de services sociaux : ils viennent souvent parler de leurs services gratuits.

Historiquement, Verdun c’était une ville. Ca fait à peine 10 ans que l’Ile des Soeurs n’est qu’un arrondissement. Tout est fait pour qu’on ne doive pas aller en ville. Le public qu’on touche vient à pied…

Action Prévention Verdun a aussi une travailleuse de milieu : son but c’est de rencontrer les aînés pour les sortir de leur isolement : aller dans un café, aller dans des espaces communautaires, montrer que ces endroits existent.

L’intergénérationnel, politiquement, qui en a la charge ?

Plutôt le Ministre des Familles que le Ministre des Aînés… Dès que tu parles de famille tu parles d’intergénérationnel.

L’importance du mélange des générations n’est pas encore ancrée : cela dépend de la sensibilisation des élus dans les arrondissements. Ici on a eu de la chance, ce projet est assez exceptionnel pour l’environnement politique. Faire un pont entre les 50 ans et plus, qui vont être les plus nombreux à Montréal, et les plus jeunes, c’est une prise de conscience qui ne fait que commencer.

Votre défi, maintenant ?

On a fidélisé nos deux publics : les aînés qu’on touche en parlent à leurs amis, et les ados aussi. Notre défi maintenant c’est les mélanger vraiment : mettre en place des activités où leur croisement est naturel, où chacun sent qu’il est valorisé pour ce qu’il est.

Le partage de savoirs est essentiel. Savoir jouer au billard ou apprendre à jouer au billard, c’est déjà l’occasion de mélanger des générations. Après on finit par parler aussi à la boulangerie…

Votre profil ?

J’ai travaillé dans une ‘base de plein air’ : les gens arrivent en famille pour une semaine, on a des activités liées aux groupes d’âges mais le soir, les activités pouvaient faire rire autant le père que le petit : tous les âges. Ensuite j’ai travaillé dans un centre communautaire familial. On faisait des sorties le dimanche avec des grands-parents, des oncles, des enfants.

Nos animateurs ont le désir de travailler avec des publics différents, pas juste un public. Les animateurs ne cherchent pas à les encadrer, plutôt à valoriser leur expérience.

Est-ce que vous avez dû faire face à des critiques ?

On aimerait pouvoir toucher les âges entre 17 et 50 ans, mais ce n’est pas notre mission. On est là pour combler un manque pour les jeunes et les aînés. Mais la rénovation de La Station a coûté de l’argent, c’est un patrimoine architectural. Ceux qui sont passés et on trouvé que ça avait coûté trop cher, on leur a répondu que l’argent avait surtout été investi pour tous : quoiqu’il arrive, ce bâtiment restera dans le patrimoine de l’Ile des Soeurs. Et puis c’est à nous de prouver qu’on a une utilité pour tout le quartier.

Montréal a une tradition de mélanger les cultures, ici c’est naturel. Mais un phénomène qui revient, ce sont les maisons dans lesquelles chaque génération occupe un étage. L’Etat l’encourage : on règle des problèmes sociaux de base par la solidarité entre générations. Ma soeur, quand elle doit quitter rapidement la maison, peut appeler mon père à l’étage pour partager un moment avec ses enfants. Le Québec encourage aussi les soins à domicile, parce que ça aide à garder le moral du malade, notamment…

Un projet ?

Là par exemple, à l’endroit où dans l’ancienne station essence il y avait le guichet, un artiste a rencontré une soixantaine de personnes, a moulé le visage de 2 adolescents et 3 aînés qui fréquentent le lieu et les coulés en bronze.

Dans 40 ans, les adolescents pourront retrouver leur visage d’adolescent à La Station…

Tiens, là il y a justement un des aînés dont le visage a été moulé. Il joue au billard ! Et à côté à 5 mètres, 2 ados ont sorti les consoles vidéo…

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